Le fusilier combattant d’infanterie représente le socle tactique et opérationnel de la Composante Terre de la Défense belge. Engagé en première ligne au sein de la Brigade Motorisée, il assure le combat rapproché, le contrôle de zone, la reconnaissance et la sécurisation des populations en métropole comme lors des déploiements internationaux. Accessible sans diplôme préalable dès 18 ans, ce métier exige une excellente rusticité physique et une cohésion sans faille.
Le métier de fusilier au cœur de la Brigade Motorisée
Préparez la sélection Armée Belge
Le combattant d’infanterie est un militaire polyvalent entraîné à opérer dans tous les environnements, du milieu urbain aux zones boisées difficiles. Dans le cadre du programme de modernisation de la Composante Terre (partenariat stratégique CaMo avec la France), l’infanterie belge se déploie sur des véhicules blindés de combat modernes de type Griffon, Piranha IIIC et Dingo 2.
Au sein de son groupe de combat de huit soldats, le fusilier remplit des rôles spécialisés : tireur d’élite courte distance (DMR), tireur à la mitrailleuse Minimi, grenadier-voltigeur ou spécialiste en transmissions tactiques. Ses missions consistent à débarquer du blindé pour investir des positions fortifiées, patrouiller en zone hostile, neutraliser les menaces adverses et tenir des points d’appui stratégiques.
Les bataillons d’infanterie : Chasseurs Ardennais et Carabiniers
Les recrues d’infanterie sont principalement affectées dans les unités historiques de la Brigade Motorisée réparties sur le territoire belge :
- Le Bataillon de Chasseurs Ardennais à Marche-en-Famenne : célèbre unité d’infanterie mécanisée portant le béret vert foncé orné de la tête de sanglier, reconnue pour sa rusticité et sa tradition de combat défensif acharné.
- Le Bataillon Carabiniers Prince Baudouin – Grenadiers à Bourg-Léopold : unité d’infanterie blindée néerlandophone spécialisée dans les opérations motorisées lourdes.
- Le Bataillon 12e de Ligne Prince Léopold – 13e de Ligne à Spa : régiment d’infanterie motorisée francophone de tradition réputé pour sa polyvalence opérationnelle.
- Le Bataillon Libération – 5e de Ligne à Bourg-Léopold : unité motorisée hautement entraînée aux missions de coalition internationale.
Conditions d’accès : ouvert dès 18 ans sans aucun diplôme
La filière de soldat d’infanterie sous le statut de volontaire à durée limitée (BDL) constitue l’un des parcours les plus ouverts et égalitaires du marché de l’emploi en Belgique :
- Être âgé de 18 à 30 ans maximum l’année de l’incorporation militaire.
- Avoir satisfait à l’obligation scolaire belge (la possession d’un diplôme du secondaire n’est pas requise).
- Posséder la nationalité belge ou être citoyen d’un pays de l’Union européenne.
- Jouir de ses droits civils et politiques et présenter un comportement compatible avec le statut militaire.
La sélection au SAO : BTCA et module physique combat
Le parcours de recrutement se déroule au Service d’Accueil et d’Orientation (SAO) à Neder-Over-Heembeek. Le processus s’étale sur deux journées et comporte quatre volets d’évaluation :
Le test cognitif BTCA mesure sur ordinateur les aptitudes de raisonnement, de mémoire, de logique spatiale et de calcul mental, sans qu’aucune calculatrice ni brouillon ne soit autorisé. Il est immédiatement suivi du test de caractère informatisé et d’un examen médical complet à l’Hôpital Militaire Reine Astrid (profil P2 exigé, IMC entre 17 et 30, taille minimale de 1,52 m).
L’infanterie étant une spécialité de première ligne, les candidats doivent valider le module d’épreuves physiques pour fonctions de combat :
- Le test sur tapis roulant (loopbandtest) : course sur tapis incliné à 2 %, débutant à 6 km/h avec incrément de vitesse de 0,3 km/h toutes les 30 secondes, prolongée pour les fonctions de combat jusqu’à 22 min 30 s.
- Le Side bridge : gainage latéral à gauche puis à droite avec 5 minutes de pause (barème maximal de 2 minutes par côté pour les moins de 35 ans).
- Les tractions (pull-ups) : réaliser un minimum de 3 tractions strictes (0, 1 ou 2 tractions entraîne l’élimination automatique de l’infanterie).
- Les pompes (push-ups) : maximum de répétitions en une minute (score maximal de 20/20 atteint à 25 pompes).
La formation : 10 semaines de PIM au CFR et instruction d’infanterie
Les candidats retenus rejoignent le Centre de Formation Régionale (CFR) situé à Arlon ou à Bourg-Léopold pour débuter leur transformation en soldats professionnels :
La Phase d’Initiation Militaire (PIM) dure 10 semaines en internat complet. Le programme quotidien comprend l’apprentissage du tir avec le fusil d’assaut FN SCAR, le combat rapproché, le secourisme tactique, la topographie et la vie en campagne. Des marches régulières avec sac à dos lesté (jusqu’à 12 km avec 15 kg de charge à 5 km/h) préparent les recrues aux exigences du terrain.
Après la PIM, le soldat entame son Instruction Professionnelle Spécialisée (IPS) d’une durée de 12 semaines au sein de l’école d’infanterie et de son bataillon d’affectation. Il y approfondit les techniques d’assaut, le combat en milieu urbain, l’utilisation des armes lourdes d’appui et la manœuvre embarquée sur blindé.
Solde 2026, logement pris en charge et missions
Dès le début de la formation au CFR, le soldat volontaire perçoit son salaire complet, tandis que son logement en caserne et sa nourriture sont totalement pris en charge par la Défense.
En 2026, la solde mensuelle d’un soldat volontaire célibataire sans personne à charge est de 2 600 € brut, ce qui correspond à un traitement net indicatif d’environ 2 118 € net. Après deux années de service, le passage automatique au grade de premier soldat porte la rémunération à 2 688 € brut (environ 2 162 € net). Lors des déploiements en mission extérieure (OPEX) ou de renfort de surveillance en métropole, le militaire bénéficie d’indemnités journalières non imposables qui augmentent substantiellement son revenu.
Questions fréquentes sur le soldat d’infanterie en Belgique
Comment entrer dans les Chasseurs ardennais ?
Il faut postuler en ligne sur le portail de la Défense pour la fonction de soldat d’infanterie, réussir les épreuves de sélection au SAO (BTCA, sport combat et visite médicale), puis choisir le Bataillon de Chasseurs Ardennais à Marche-en-Famenne lors de l’entretien d’orientation.
Quel est le salaire d’un soldat d’infanterie belge ?
Un soldat volontaire débutant perçoit 2 118 € net par mois (2 600 € brut). Le salaire évolue avec l’ancienneté (2 162 € net après deux ans) et s’accompagne de primes de terrain et d’opérations extérieures.
Où sont basés les régiments d’infanterie belge ?
Les bataillons sont implantés à Marche-en-Famenne (Chasseurs Ardennais), Spa (12e/13e de Ligne) et Bourg-Léopold (Carabiniers Prince Baudouin et 5e de Ligne).
Quels sont les tests physiques pour rentrer dans l’infanterie ?
La sélection physique comprend le test d’endurance sur tapis roulant incliné à 2 %, le gainage latéral Side bridge, un test de pompes en une minute et au minimum 3 tractions strictes (0 à 2 étant éliminatoire).
Sources
- La Défense belge : portail officiel de recrutement et offres d’emploi soldat
- Composante Terre : Brigade Motorisée et bataillons d’infanterie
- Loi du 28 février 2007 fixant le statut des militaires du cadre actif
- Arrêté royal du 18 mars 2003 relatif au statut pécuniaire des militaires
- Hôpital Militaire Reine Astrid : critères d’aptitude médicale de la Défense
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