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Psychotechnique

Test de mémoire : s’entraîner pour les concours et le recrutement

Comment fonctionne un test de mémoire en concours et recrutement public ? Types de mémoire, exercices corrigés et techniques pour s'entraîner efficacement.

Par Eliott Raoult
9 min de lecture Mis à jour le 24 juin 2026
Sommaire

Dans de nombreux processus de recrutement et de concours, la mémoire fait l’objet d’une évaluation à part entière. Police, gendarmerie, armée de terre, marine, légion étrangère, mais aussi entreprises publiques comme la SNCF ou la RATP : ces recruteurs cherchent à mesurer votre capacité à retenir et restituer rapidement des informations, une compétence directement liée à l’exercice du métier. Comprendre comment se déroule un test de mémoire, quels types de mémoire sont sollicités et comment vous y préparer vous donne un avantage concret le jour de l’épreuve.

Qu’est-ce qu’un test de mémoire ?

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Un test de mémoire est une évaluation structurée qui mesure votre capacité à retenir, stocker et récupérer des informations. Concrètement, il vous présente un ensemble d’éléments à mémoriser, mots, images, nombres, positions, puis vérifie ce que vous parvenez à restituer, immédiatement ou après un court délai. L’objectif est d’obtenir une mesure objective et standardisée de vos performances mnésiques, comparable d’un candidat à l’autre.

Dans le cadre du recrutement et des concours, ces épreuves sont courtes et chronométrées. Elles durent souvent quelques minutes, avec des consignes simples et des tâches brèves. Elles ne visent pas à diagnostiquer quoi que ce soit : il s’agit uniquement d’apprécier une aptitude cognitive utile au poste, au même titre que le raisonnement ou la logique. À ce titre, un test de mémoire de sélection n’a rien à voir avec un bilan cognitif clinique conduit par un professionnel de santé ; les deux partagent parfois des formats d’exercices, mais leurs finalités sont totalement distinctes.

Il faut aussi distinguer la mémoire de l’attention et de la vitesse perceptive : retenir une série d’éléments n’est pas la même chose que les repérer ou les comparer rapidement. Ce sont des aptitudes voisines, fréquemment évaluées côte à côte, mais qui mobilisent des mécanismes différents.

Les types de mémoire évalués dans les tests de recrutement

Les épreuves de sélection ciblent principalement trois composantes complémentaires.

La mémoire visuelle est la capacité à mémoriser et à rappeler des images, des formes, des couleurs et des positions dans l’espace. Elle est sollicitée dès qu’il faut reconnaître un objet, retenir un plan ou se repérer dans un environnement, des situations fréquentes dans les métiers de terrain de la sécurité et de la défense. Une variante, la mémoire visuo-spatiale, insiste sur la localisation et l’agencement des éléments les uns par rapport aux autres.

La mémoire de travail permet de stocker et de manipuler en même temps des informations transitoires, comme retenir un numéro de plaque le temps de le transmettre par radio. Elle repose sur l’attention et les fonctions exécutives, et c’est elle qui vous permet de garder plusieurs données présentes à l’esprit tout en accomplissant une tâche. La mémoire de travail est fréquemment mobilisée dans les tests psychotechniques, car elle sous-tend la gestion de consignes comportant plusieurs étapes.

La mémoire immédiate correspond à la rétention d’une petite quantité d’informations pendant quelques secondes seulement. Elle constitue le premier étage du traitement : c’est par elle que transite l’information avant d’être éventuellement consolidée. Étroitement liée à la mémoire à court terme, elle se mesure typiquement par le rappel d’une courte séquence juste après sa présentation.

D’autres formes existent et peuvent apparaître à la marge, comme la mémoire à long terme, qui consolide durablement les acquis, ou la mémoire épisodique, qui stocke les souvenirs vécus. Les tests de sélection se concentrent toutefois sur les trois composantes ci-dessus, plus rapides à évaluer et plus directement liées à la performance professionnelle.

Exemples d’exercices de mémoire dans les tests de recrutement

Les formats sont variés, mais quelques modèles reviennent régulièrement. En voici plusieurs, avec leur principe et leur correction.

Mémorisation d’images. On vous présente une série de 10 images d’objets courants (une pomme, une maison, un livre, un arbre, une voiture, un téléphone, une fleur, une chaise, une montagne, un bateau) pendant environ 30 secondes. Une fois la planche masquée, vous devez énumérer le plus d’objets possible, dans n’importe quel ordre. La réponse parfaite restitue les dix éléments. Cet exercice mesure directement la mémoire visuelle.

Rappel de séquence numérique inversée. On vous communique une suite de chiffres, par exemple 7, 3, 9, 2, 5, 8, 1, 6, et vous devez la répéter dans l’ordre inverse : 6, 1, 8, 5, 2, 9, 3, 7. En obligeant à maintenir la série tout en la réorganisant mentalement, cet exercice teste spécifiquement la mémoire de travail.

Rappel immédiat de chiffres. Cinq chiffres (par exemple 4, 7, 2, 9, 1) apparaissent pendant deux secondes seulement. Vous devez les restituer aussitôt, dans l’ordre d’apparition. La réussite témoigne d’une bonne mémoire immédiate et d’un empan suffisant.

Liste de mots à mémoriser. On vous lit ou présente une liste, souvent une douzaine de mots, que vous devez restituer ensuite par rappel libre, c’est-à-dire sans aucun indice. Comme support d’entraînement au rappel, le format de la liste de 12 mots est l’un des plus répandus : la liste est présentée, puis vous énumérez immédiatement les mots retenus. Certaines versions ajoutent une étape de reconnaissance, où il faut retrouver les mots cibles parmi un ensemble plus large mélangeant des distracteurs (par exemple 12 mots cibles noyés dans 20 mots au total).

S’entraîner sur ces formats vous familiarise avec la consigne et le rythme, deux paramètres qui font souvent la différence quand le temps est compté.

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Techniques de mémorisation pour réussir les tests

La bonne nouvelle, c’est que la mémoire se travaille. Plusieurs stratégies simples permettent d’améliorer vos performances.

L’association mentale consiste à relier une information nouvelle à une connaissance déjà solide : un mot à une image, un chiffre à une date familière. Plus le lien est vif, mieux l’élément se grave. Les moyens mnémotechniques, acrostiches, rimes, phrases-repères, prolongent cette logique en créant des structures faciles à retrouver.

Le chunking, ou regroupement, divise une grande quantité d’informations en blocs plus petits et gérables : un numéro à huit chiffres devient deux groupes de quatre, bien plus simples à retenir. La méthode des loci, qui consiste à placer mentalement les éléments à mémoriser le long d’un parcours familier, est l’une des techniques de visualisation les plus anciennes et les plus robustes pour retenir une liste ordonnée.

Côté entraînement de fond, deux principes font consensus. La répétition espacée consiste à revoir l’information à intervalles croissants plutôt qu’en une seule session, ce qui consolide durablement la trace mnésique. Le testing effect désigne le fait que se tester soi-même, tenter de restituer avant de vérifier, ancre mieux que la simple relecture. Ces deux leviers sont aujourd’hui considérés comme plus fiables que l’idée d’un « type de mémoire dominant ».

Le modèle VAK (visuel, auditif, kinesthésique) est en effet populaire, mais les neurosciences nuancent fortement l’idée qu’un style sensoriel unique déterminerait votre façon d’apprendre. Chacun mobilise les trois canaux. La stratégie la plus efficace n’est donc pas de s’enfermer dans un prétendu profil, mais de varier les supports, lire, écouter, réécrire, manipuler. Mobiliser à la fois la mémoire auditive et la mémoire kinesthésique en plus de la mémoire visuelle multiplie les points d’accroche et renforce la mémorisation.

Concours et recrutements concernés par les tests de mémoire

Les tests de mémoire figurent dans de nombreuses sélections de la fonction publique, aux catégories A, B et C, le plus souvent intégrés aux épreuves psychotechniques. Ils sont particulièrement présents dans les parcours de la sécurité publique et de la défense, police, gendarmerie, armée de terre, marine nationale, armée de l’air et de l’espace, légion étrangère, où la capacité à retenir des informations sous pression est directement opérationnelle.

Les grandes entreprises publiques recourent elles aussi à ce type d’évaluation lors de leurs recrutements, notamment la SNCF et la RATP pour des postes exigeant vigilance et rétention de consignes. Dans tous les cas, ces épreuves mesurent des capacités cognitives transversales : concentration soutenue, rétention d’informations complexes et traitement rapide. Les candidats sont généralement informés à l’avance des aptitudes évaluées, ce qui laisse le temps de se préparer.

La mémoire n’est qu’un volet des batteries psychotechniques, qui couvrent aussi le raisonnement logique, verbal, numérique ou spatial. Chacune de ces aptitudes se prépare spécifiquement ; la mémoire a l’avantage de progresser vite avec un entraînement régulier et bien ciblé.

S’entraîner efficacement aux tests de mémoire

Un entraînement structuré commence par une évaluation de départ, pour repérer vos points forts et vos points faibles. À partir de là, la régularité prime sur l’intensité : une pratique quotidienne de 15 à 30 minutes suffit à observer des progrès nets, là où une longue session isolée laisse peu de traces.

Progressez par paliers. Commencez par des exercices simples, quelques éléments à retenir, puis augmentez la longueur des séquences et réduisez le temps de présentation à mesure que vous gagnez en aisance. Diversifiez les supports pour solliciter tour à tour la mémoire visuelle, la mémoire de travail et la mémoire immédiate : alternez planches d’images, séquences numériques à inverser et listes de mots. Suivez vos résultats dans le temps pour ajuster vos efforts vers les formats qui résistent encore.

Enfin, ne négligez pas les conditions de passation. Vos performances sont meilleures lorsque vous êtes reposé, dans un environnement calme et sans interruption. Le stress, la fatigue et le bruit dégradent sensiblement les résultats. Une bonne nuit de sommeil avant l’épreuve, une lecture attentive des consignes et une respiration posée font partie intégrante de la préparation.

Questions fréquentes

Peut-on vraiment progresser à un test de mémoire, ou est-ce inné ? La mémoire se travaille comme une aptitude. Avec un entraînement régulier sur les bons formats, l’empan et la vitesse de rappel s’améliorent rapidement. L’effet est d’autant plus marqué quand on combine répétition espacée et auto-test plutôt que simple relecture.

Combien de temps faut-il pour se préparer avant un concours ? Quelques semaines de pratique quotidienne, à raison de 15 à 30 minutes, suffisent généralement à se familiariser avec les consignes et à gagner en régularité. L’essentiel est d’étaler les séances dans le temps plutôt que de tout concentrer la veille.

Le test de mémoire est-il éliminatoire dans les concours ? Cela dépend du concours. La mémoire fait le plus souvent partie d’un ensemble psychotechnique noté globalement, mais une faible performance peut peser sur le classement. Renseignez-vous sur le règlement précis de l’épreuve visée.

Existe-t-il un test de mémoire gratuit pour s’entraîner ? Oui. De nombreux supports d’entraînement librement accessibles proposent des séries courtes, images à mémoriser, séquences de chiffres, listes de mots, qui reprennent les formats rencontrés en sélection. Un échantillon gratuit suffit à se familiariser avec la consigne et le chronométrage avant d’aller plus loin.

Le test de mémoire des 12 mots est-il utilisé tel quel en concours ? Non. La liste de 12 mots est à l’origine un format de rappel ; en recrutement, on en retient surtout le principe, mémoriser puis restituer une liste, comme support d’entraînement, sans protocole de scoring associé. Les épreuves de concours privilégient des listes et des séquences courtes, calibrées sur le temps imparti.

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