Le CSO, pour Centre de Sélection et d’Orientation, est le passage obligé de tout candidat à un engagement dans l’armée française. Que vous visiez un poste de militaire du rang, de sous-officier ou d’officier sous contrat, c’est ici que votre dossier prend une dimension concrète : aptitude médicale, capacités physiques, profil cognitif, personnalité, niveau d’anglais et motivation sont mesurés en deux ou trois jours.
Cet article détaille ce que recouvre le CSO, où il se déroule, à quoi ressemble la semaine de sélection, et comment se préparer aux six dimensions évaluées. Il s’adresse à ceux qui veulent entrer dans l’Armée de Terre, l’Armée de l’Air et de l’Espace ou la Marine, et qui cherchent une vue claire du processus avant de s’engager.
Qu’est-ce que le CSO armée ?
Le CSO est le centre où l’armée évalue tous les candidats à un engagement, qu’il soit militaire du rang, sous-officier ou officier sous contrat. C’est l’étape déterminante du parcours de recrutement : le dossier est validé, l’aptitude médicale est confirmée, les capacités physiques et intellectuelles sont mesurées, et la motivation est évaluée lors d’un entretien individuel.
Le terme CSO est parfois remplacé par celui de C2RA (Centre Régional de Recrutement Air) pour les candidats à l’Armée de l’Air et de l’Espace. Dans le langage des candidats, il est aussi utilisé pour désigner les GRS (Groupements de Recrutement et de Sélection) de l’Armée de Terre. Les trois appellations recouvrent la même réalité fonctionnelle : un site régional où se déroule la sélection.
Le CSO n’est pas un examen avec une note d’admission unique. C’est un processus d’orientation qui place les candidats sur une liste de classement, dont les résultats déterminent les spécialités accessibles. Comme l’explique le Lieutenant-colonel Loïc, chef du département évaluation-information du GRS d’Île-de-France et d’Outre-mer, lors d’une immersion au sein du groupement : « Le parcours de recrutement consiste à identifier les aptitudes d’un candidat à l’engagement, de comprendre son projet et de les mettre en regard avec les besoins de l’Armée de terre. »
Les 6 dimensions évaluées
Le CSO mesure six dimensions distinctes :
- Aptitude médicale : visite avec un médecin militaire (vue, audition, dentition, antécédents, IMC, problèmes osseux, électrocardiogramme).
- Aptitude physique : trois épreuves sportives (Luc Léger, tractions ou tirage poulie haute, Test Killy).
- Aptitude intellectuelle : les six modules du test psychotechnique TAMI-C sur ordinateur.
- Niveau d’anglais : le Test de Chambéry, commun aux trois armées.
- Personnalité : le TAMI-P, fondé sur le modèle OCEAN.
- Motivation et projet professionnel : entretien individuel avec un évaluateur.
À l’issue du séjour, une commission de recrutement décide si le candidat est retenu et propose une affectation cohérente avec ses résultats et ses souhaits.

Les 5 CSO (GRS) en France : localisation et organisation territoriale
Selon le Ministère des Armées (defense.gouv.fr), la structure régionale comprend 5 Groupements de Recrutement et de Sélection (GRS) répartis sur l’ensemble du territoire. L’état-major national du Pôle recrutement-jeunesse a déménagé de Vincennes à Tours au cours de l’été 2024.
| Région | Lieu / Centre | Adresse |
|---|---|---|
| Île-de-France et Outre-Mer | Caserne Guynemer | Avenue Paul Doumer, 92500 Rueil-Malmaison (depuis fin 2024 ; auparavant à Vincennes) |
| Nord-Est | Quartier Drouot | 8 rue du 8e Régiment d’Artillerie, 54500 Vandœuvre-lès-Nancy |
| Sud-Est | Quartier Général Frère | 27 avenue Leclerc, 69007 Lyon |
| Sud-Ouest | Caserne Nansouty | 33000 Bordeaux |
| Nord-Ouest | Site de Saint-Jacques-de-la-Lande | Rue des Munitionnettes, 35000 Rennes |
Le déménagement du GRS Île-de-France et Outre-mer mérite un mot. Le centre régional de recrutement Air (C2RA) de Paris a été inauguré le 20 novembre 2024 dans la caserne Guynemer de Rueil-Malmaison, après avoir quitté son implantation historique au fort de Vincennes. Les conditions d’accueil, les épreuves et les barèmes sont identiques quel que soit le GRS d’affectation. L’adresse précise figure sur la convocation officielle.
Les 110 CIRFA : premier point de contact
Avant d’arriver au CSO, le candidat passe par un CIRFA (Centre d’Information et de Recrutement des Forces Armées). Selon le Ministère des Armées, il existe 110 CIRFA sur l’ensemble du territoire, dont 7 sont basés en outre-mer. Chaque GRS supervise environ une vingtaine de CIRFA.
L’ensemble de la chaîne représente 1 100 soldats, dont 500 recruteurs directement au contact des candidats. C’est au CIRFA que le candidat constitue son dossier, rencontre un conseiller en recrutement et obtient sa convocation au CSO.
Conditions d’accès et constitution du dossier
L’Armée de Terre impose trois conditions générales pour tous les candidats :
- être de nationalité française,
- avoir effectué sa Journée Défense et Citoyenneté (JDC),
- jouir de ses droits civiques.
À ces conditions s’ajoutent des limites d’âge et de diplômes selon le statut visé.
Limites d’âge par armée et statut
| Armée / Statut | Limite d’âge |
|---|---|
| Armée de Terre — VDAT | 18 à 26 ans |
| Armée de Terre — EVAT | 17,5 à moins de 30 ans |
| Armée de Terre — Sous-officier (EVSO) | 17,5 à moins de 32 ans |
| Armée de Terre — OSC Encadrement | 18 à 32 ans |
| Armée de Terre — Pilote ALAT | 18 à 32 ans |
| Armée de l’Air et Espace — MTA, sous-officiers, OSC | Moins de 30 ans |
| Armée de l’Air et Espace — EOPN (pilote) | 17 à moins de 27 ans |
| Marine — QMF, Maistrance | Jusqu’à moins de 30 ans |
| Marine — Officier sous contrat | 26 à 30 ans selon contrat |
| Marine — Officier de carrière (École navale) | 22 ans maximum |
Pour les sous-officiers, un Baccalauréat ou diplôme de niveau 4 est exigé. Pour les officiers, cinq statuts existent, chacun avec ses propres critères.
Le dossier de candidature
Le dossier remis au CIRFA comprend au minimum dix documents : fiche de renseignement, photo d’identité, certificat de JDC, photocopie de la carte d’identité, extrait original d’acte de naissance, justificatif de domicile, copie des diplômes scolaires, copie de la carte VITALE, RIB et lettre de motivation. D’autres pièces peuvent être demandées selon la spécialité visée.
Une fois le dossier complet, le délai entre la remise au CIRFA et la convocation au CSO est d’environ un mois et demi. La convocation arrive par courrier postal et par email environ 2 à 6 semaines avant la date. Elle précise l’adresse, l’heure d’arrivée, le matériel à apporter et inclut les billets de train. Un retard à l’appel le jour J entraîne un rejet pur et simple.
Déroulement du séjour au CSO
La durée du séjour varie selon le statut visé. Pour les EVAT, EVSO et VDAT, la sélection s’étale sur 5 demi-journées (48 à 72 heures) avec deux nuitées sur place. Pour les OSC, VADAT et OST, la durée est de 2 jours. Pour les candidats à une Préparation Militaire, c’est 1 jour.
La filière Air, confirmée par le Ministère des Armées, fonctionne sur un format de 2 jours et demi.
Logistique : transport, hébergement, repas
Le séjour est entièrement pris en charge. L’armée fournit les billets de train aller-retour avec la convocation. L’hébergement se fait en chambre collective sur le site du CSO. Les repas (petit-déjeuner, déjeuner, dîner) sont pris au mess pendant toute la durée du séjour. Seuls les autres modes de transport (voiture personnelle, avion) ne sont pas remboursés.
Le téléphone est interdit en journée et utilisable uniquement en quartier libre le soir.
Jour 1 : visite médicale et tests psychotechniques
Le premier jour, les candidats sont répartis en deux groupes qui tournent en parallèle. Pendant qu’un groupe passe la visite médicale, l’autre enchaîne les tests psychotechniques : TAMI-C, TAMI-P et Test de Chambéry. Les deux groupes inversent ensuite leurs activités.
Jour 2 : épreuves sportives et entretien
Le deuxième jour, tous les candidats passent les trois épreuves sportives dans un ordre fixe : Luc Léger, puis tractions ou tirage poulie haute, puis Test Killy. L’entretien individuel avec le conseiller en recrutement intervient ensuite, avant le départ.
Les observations rapportées par l’encadrement du GRS IDF-OM décrivent une journée qui démarre à 5h30, suivie du rangement de la chambre commune puis du petit-déjeuner avant l’enchaînement des épreuves. Le Lieutenant-colonel Loïc résume ainsi l’esprit du dispositif : « Ils vont vivre sur place en communauté et en suivant les règles. »
Règlement intérieur et interdictions
Le règlement comprend quatre articles. Le premier porte sur les interdictions absolues : alcool, stupéfiants, objets dangereux. Le deuxième concerne la discipline et la sécurité : ponctualité, respect, tenue correcte, téléphone éteint pendant les tests. Le troisième impose la neutralité d’expression sur les opinions politiques ou religieuses. Le quatrième définit les sanctions : exclusion immédiate, signalement aux autorités, inaptitude temporaire ou définitive.
Le test de stupéfiants (THC, cocaïne, amphétamines, opiacés) n’est pas systématique mais reste possible à tout moment. Le THC est détectable 3 à 5 jours après usage occasionnel, jusqu’à 30 à 70 jours après consommation régulière. La tolérance est nulle.

Les tests psychotechniques TAMI-C : 6 modules
Le TAMI-C (Test d’Aptitude Multimodal Informatisé — Cognition) est une batterie de six modules passée sur ordinateur. Il est identique pour les trois armées et pour toutes les spécialités, mais la note minimale à atteindre dépend du métier visé. Il n’élimine pas isolément mais conditionne fortement l’accès aux spécialités : un score faible empêche d’accéder à la filière souhaitée et entraîne une réorientation imposée.
| Test | Nombre de questions | Temps imparti | Compétences évaluées |
|---|---|---|---|
| Test de rotation | 25 questions | 7 minutes (≈ 17 secondes/question) | Capacité à s’orienter dans l’espace et imaginer les rotations |
| Test de mathématiques | 17 problèmes | 12 minutes | Arithmétique, proportionnalités, unités de mesure, pourcentages, vitesse |
| Test de français | 31 questions | Moins de 8 minutes | Intrus parmi 4 mots, synonymes parmi 4 possibilités |
| Test de vitesse de codage | 45 questions | 2 minutes 30 secondes | Rapidité et restitution de codes à partir d’une grille de 12 mots |
| Test d’attention | 40 questions | 3 minutes 30 secondes | Rapidité, concentration, identification de différences dans des suites alphanumériques |
| Test de raisonnement | 25 questions | 14 minutes | Capacités cognitives, complétion de suites logiques de cubes |
Le test de mathématiques est le plus redouté. La calculatrice est interdite, mais un brouillon est fourni. La difficulté est croissante au fil de l’épreuve.
Le test de codage est le plus rapide : 45 questions en 2 minutes 30. Une grille de 12 mots associés à des codes de 4 chiffres est affichée, et il faut restituer le code correspondant à chaque mot demandé. Les questions sans réponse comptent comme fausses.
Le test de personnalité TAMI-P (modèle OCEAN)
Le TAMI-P évalue le profil psychologique du candidat à l’aune des valeurs militaires. Pour l’Armée de Terre, il comporte 251 questions à traiter en moins de 50 minutes, soit environ 12 secondes par question. Pour l’Armée de l’Air et la Marine, le format est plus court : 77 questions sans contrainte de temps stricte. Chaque réponse se donne sur une échelle de 1 à 5, et aucun retour en arrière n’est possible.
Le test repose sur le modèle Big Five, plus connu sous l’acronyme OCEAN :
- O pour Originalité (curiosité intellectuelle, ouverture),
- C pour Contrôle ou conscienciosité (organisation, sens du détail),
- E pour Extraversion (aisance en public, expression),
- A pour Agréabilité (patience, compromis, sens du groupe),
- N pour Nervosité (stabilité émotionnelle, gestion du stress).
Il n’y a en théorie ni bonnes ni mauvaises réponses. Mais la lecture par le psychologue se fait sous le prisme des contraintes du monde militaire. Les traits recherchés sont la résistance au stress, la capacité d’organisation, l’aptitude à fournir un effort soutenu, la résilience face à l’échec, la fiabilité, la stabilité émotionnelle et la facilité à vivre en groupe.
Tenter de répondre de façon calculée pour donner l’image attendue est risqué. Le test est conçu pour repérer les incohérences entre réponses, et le dossier passe alors avec un avis défavorable. Une psychologue du département évaluation-information du GRS Île-de-France et Outre-mer le résume sobrement : « Aujourd’hui, la personnalité est analysée avec plus d’exigence. »
Le psychologue militaire ne rencontre pas systématiquement le candidat en direct. Il analyse le TAMI-P en arrière-plan et formule un avis intégré au dossier, sur lequel s’appuieront les entretiens ultérieurs.

Les épreuves sportives du CSO
Les épreuves sportives ont lieu après la visite médicale, qui doit d’abord qualifier le candidat comme apte à l’effort. Elles comportent trois épreuves enchaînées dans un ordre fixe : le Luc Léger, les tractions (hommes) ou le tirage poulie haute (femmes), et le Test Killy (depuis février 2025, en remplacement des squats).
La note minimale est de 1/20 par épreuve : un 0/20 entraîne une élimination automatique. La moyenne minimale sur les trois épreuves est de 5/20. Pour les spécialités exigeantes comme l’infanterie ou les forces spéciales, des résultats bien supérieurs sont attendus.
Le Luc Léger
Le candidat effectue des aller-retours entre deux lignes espacées de 20 mètres, en suivant une bande sonore. La vitesse initiale est de 8 km/h, puis augmente de 0,5 km/h chaque minute (un palier). Un retard de 2 mètres est toléré, mais la ligne doit être atteinte. Le palier 12, soit 15 km/h, est le plus élevé utilisé par l’Armée de Terre, comme l’indique le Lieutenant-colonel Loïc, chef du département évaluation-information du GRS IDF-OM.
| Note | Hommes | Femmes |
|---|---|---|
| 5 | +15s | +45s |
| 6 | 4+15s | 4+30s |
| 7 | 4+45s | 4+45s |
| 8 | 5+15s | 5+30s |
| 9 | 5+30s | 5+45s |
| 10 | 6+30s | 6+30s |
| 11 | 7+15s | 7+30s |
| 12 | 7+45s | 7+45s |
| 13 | 8+30s | 8+30s |
| 14 | 9+30s | 9+30s |
| 15 | 10+30s | 10+30s |
Tractions (hommes) et tirage poulie haute (femmes)
Les hommes effectuent des tractions classiques. Les femmes passent depuis l’été 2023 par le tirage poulie haute, avec une charge ajustée à leur poids corporel.
| Poids en kg | Charge |
|---|---|
| ≤ 50 | 20 kg |
| 50 < poids ≤ 55 | 25 kg |
| 55 < poids ≤ 65 | 30 kg |
| + 65 | 35 kg |
Cette différenciation n’est pas une mesure de discrimination positive mais une adaptation morphologique. Le Sergent-chef Abdelkrim, chef de la cellule tests sportifs du GRS IDF-OM, le rappelle lors des sessions de sélection : « On attend de vous un dépassement physique et mental. »
Le Test Killy (la chaise)
Depuis février 2025, le Test Killy remplace les squats. Le candidat se tient dos plaqué contre un mur (tête, épaules, fesses en contact), jambes fléchies à 90°, pieds à plat, bras croisés sur le torse, sans appui des mains. L’objectif est de tenir la position le plus longtemps possible.
| Note | Temps (Hommes / Femmes) |
|---|---|
| 1 | 16 s |
| 2 | 24 s |
| 3 | 32 s |
| 4 | 40 s |
| 5 | 48 s |
| 6 | 56 s |
| 7 | 1 min 4 s |
| 8 | 1 min 12 s |
| 9 | 1 min 20 s |
| 10 | 1 min 28 s |
| 11 | 1 min 36 s |
| 12 | 1 min 44 s |
| 13 | 1 min 52 s |
| 14 | 2 min |
| 15 | 2 min 8 s |
| 16 | 2 min 16 s |
| 17 | 2 min 24 s |
| 18 | 2 min 32 s |
| 19 | 2 min 40 s |
| 20 | 2 min 48 s |
Ce barème est récent et susceptible d’évoluer dans les mois qui viennent.
L’Armée de Terre française est aujourd’hui la plus féminisée d’Europe, avec 11,6 % de femmes dans ses rangs, selon les chiffres communiqués par le Colonel Simon, chef de corps du GRS IDF-OM. Tous les métiers militaires sont ouverts aux femmes.
Le test d’anglais (Test de Chambéry)
Le Test de Chambéry est commun aux trois armées. Il prend la forme d’un QCM de 150 questions à traiter en 55 minutes, passé sur ordinateur. Le format est 100 % phrases à trous : pas de compréhension écrite, audio ou orale. L’architecture rappelle les parties grammaticales du TOEIC reading.
Trois notions sont évaluées : vocabulaire, conjugaison et grammaire. Les questions portent sur des situations de la vie courante, sans lien direct avec le monde militaire ou aéronautique.
Le seuil d’élimination est fixé à 75/150 pour toutes les filières pilotes : EOPN (Air), ALAT (Terre, hélicoptère) et EOPAN (Marine). Pour les militaires du rang de l’Armée de Terre (EVAT), le test est passé mais ne pèse pas dans la décision finale. Les candidats éliminés au premier passage peuvent retenter l’épreuve une seconde fois, après un délai qui leur laisse une marge de progression.
Le niveau de difficulté du test est identique pour officiers et sous-officiers, mais les attentes sont plus élevées pour les officiers. L’anglais étant la langue internationale de l’aviation et le canal de communication standard entre pilotes et contrôleurs aériens à l’échelle mondiale, viser bien au-delà de 75/150 est un objectif raisonnable pour les filières pilotes.
La visite médicale et le profil SIGYCOP
La visite médicale se déroule en six étapes :
- examen général (taille, poids, IMC, mensurations, tension),
- analyse d’urine (fonction rénale, test de stupéfiants éventuel),
- électrocardiogramme (recherche d’arythmie),
- vue (acuité visuelle, test d’Ishihara pour le daltonisme),
- audition (audiogramme),
- examen avec le médecin militaire et attribution du profil SIGYCOP.
Le SIGYCOP est un profil médical noté de 1 (apte sans restriction) à 6 (inapte) sur sept dimensions.
| Dimension SIGYCOP | Sigle | Description / Critères |
|---|---|---|
| Ceinture Scapulaire | S | Membres supérieurs et région scapulaire |
| Membres supérieurs | I | Bras, avant-bras, mains |
| Membres inférieurs | I | Jambes, cuisses, pieds |
| État Général | G | Santé générale, constitution physique |
| Sens chromatique (vision des couleurs) | Y | Daltonisme (test d’Ishihara), restrictions pour certains métiers (notamment pilote) |
| Vision / Acuité visuelle | O | Acuité, correction éventuelle, prescriptions médicales |
| Audition | P | Audiogramme, capacité auditive, restrictions éventuelles |
Le profil obtenu conditionne l’accès aux spécialités. Le daltonisme, par exemple, écarte d’office certaines fonctions de pilote ou de contrôleur. Un candidat jugé inapte à l’effort à l’issue de la visite médicale ne participe pas aux épreuves sportives.

L’entretien au CSO
L’entretien individuel dure environ 30 minutes en tête-à-tête avec un évaluateur (ou un psychologue selon la filière). Il s’articule en trois temps : présentation personnelle de 3 à 5 minutes (parcours scolaire, activités, projet), exploration des motivations et de la cohérence du projet militaire, puis questions générales sur les missions de l’armée et la vie en régiment.
L’évaluateur a sous les yeux l’ensemble des résultats : scores aux six modules du TAMI-C, analyse du TAMI-P par le psychologue, note au Test de Chambéry, performances aux trois épreuves sportives, bilan médical et profil SIGYCOP, dossier constitué au CIRFA. Le compte rendu rédigé à l’issue du CSO est versé au dossier et sert de base aux entretiens ultérieurs.
Les fonctions d’évaluateur et de conseiller en recrutement sont légalement distinctes et ne peuvent pas être exercées simultanément par la même personne, sauf en outre-mer. Les évaluateurs reçoivent une formation d’un an dispensée par des psychologues sur les techniques d’entretien. Une bascule d’un rôle à l’autre est possible en cours de carrière.
Chaque candidat est généralement reçu deux fois par le même évaluateur durant son séjour. À la sortie, des propositions de spécialité sont formulées en croisant les résultats, le potentiel et la motivation. Comme le souligne le Colonel Simon, chef de corps du GRS IDF-OM : « On n’est pas là pour embrigader la jeunesse mais à son service pour qu’elle trouve sa voie. »
Après le CSO : commission, affectation et cas particuliers
Le CSO ne se conclut pas par un verdict immédiat. Le dossier passe en commission, qui examine la cohérence entre les souhaits de spécialité et les résultats obtenus. Cinq cas d’issue sont possibles :
- Retenu avec affectation et spécialité attribuée. Délai habituel avant incorporation : 2 à 4 mois.
- Liste d’attente si le dossier est validé sans place immédiate. Délai : 1 à 6 mois.
- Inaptitude temporaire nécessitant des examens complémentaires.
- Inaptitude définitive à l’engagement, valable au minimum 2 ans.
- Score insuffisant ou difficulté à l’entretien, avec possibilité de se représenter pour la plupart des filières.
Pour les filières pilotes, les règles de retentative sont strictes. L’EOPN (Air) n’autorise qu’une seule tentative. L’ALAT (Terre, hélicoptère) en permet deux, espacées d’au moins deux ans. L’EOPAN (Marine) en autorise jusqu’à trois aux présélections.
Les candidats retenus en filière pilote enchaînent ensuite avec une sélection spécifique. Les EOPN passent quatre jours au CSSA de Tours (test du palonnier, épreuves cognitives, psychomotrices, mises en groupe, deux entretiens). Les ALAT passent par la SECMA, à Tours également, environ un mois et demi plus tard.
Une fois le contrat signé au CIRFA, le candidat retenu pour l’Armée de Terre intègre un CFIM (Centre de Formation Initiale des Militaires du rang) ou une école selon la spécialité choisie.
La philosophie pédagogique du CSO
L’ambiance d’un GRS est loin des stéréotypes hollywoodiens. Le Lieutenant-colonel Loïc, chef du département évaluation-information, le rappelle : « Il ne faut pas oublier que l’on reçoit des civils, et des jeunes qui peuvent avoir au minimum 17 ans et demi. » Avant chaque évaluation, les modalités et les objectifs sont expliqués, et les candidats peuvent poser des questions.
Depuis deux ans, la sous-direction du recrutement (SDR) a mis en place un entretien dit de « nouvelle génération », qui privilégie le dialogue avec le candidat plutôt que la grille fermée. L’objectif est de mieux faire correspondre les attentes du jeune avec les parcours militaires possibles.
Un mois avant chaque incorporation, les conseillers en recrutement et les évaluateurs rencontrent les cadres des CFIM. Cette intervention « à double-voix », systématisée par le commandement des forces terrestres et la SDR, prépare les cadres à la population qu’ils vont encadrer.
Erreurs à éviter et plan de préparation
Six erreurs peuvent éliminer un candidat ou compromettre son orientation.
- Mentir sur le casier ou les antécédents. Les vérifications sont exhaustives. L’élimination est immédiate et définitive.
- Sous-estimer le sport. Une note basse n’élimine pas du CSO mais ferme l’accès à de nombreuses spécialités.
- Bâcler le TAMI-C. Un score faible débouche sur une réorientation imposée vers les filières les moins exigeantes.
- Tricher au TAMI-P. Les incohérences sont détectées, et le dossier passe avec un avis défavorable.
- Avoir un projet flou. L’évaluateur cherche une cohérence entre parcours, motivations et choix de spécialité.
- Manquer de respect envers le personnel. Le moindre comportement déplacé remonte à la commission.
Pour la préparation, un plan sur deux mois donne une marge confortable.
Les semaines 8 à 6 servent à construire les bases : travail de VMA (Vitesse Maximale Aérobie) pour le Luc Léger, renforcement des membres supérieurs pour les tractions ou le tirage poulie, révisions des psychotechniques et de l’anglais. Les semaines 5 à 3 sont consacrées à la montée en intensité, avec des simulations complètes des trois épreuves sportives enchaînées et des entraînements chronométrés sur les tests cognitifs. Les semaines 2 à 1 servent à l’affûtage : intensité réduite, simulation du jour J. Les trois derniers jours doivent être en repos actif.
Pour le TAMI-C, la familiarisation avec le format de chaque module est plus utile que la révision de notions théoriques. Pour le Test de Chambéry, viser largement au-dessus de 75/150 plutôt que le minimum est le bon réflexe, en particulier pour les filières pilotes. Pour le sport, s’entraîner dans des conditions proches du réel, en enchaînant les trois épreuves, évite la mauvaise surprise du jour J.

Foire aux questions
C’est quoi le CSO armée ?
Le CSO (Centre de Sélection et d’Orientation) est l’étape obligatoire du recrutement militaire français. Tous les candidats à un engagement (militaire du rang, sous-officier, officier) y passent une évaluation complète sur six dimensions : aptitude médicale, condition physique, capacités cognitives (TAMI-C), niveau d’anglais (Test de Chambéry), personnalité (TAMI-P) et motivation. À la sortie, une commission décide de la retenue et de l’affectation.
Que signifie CSO dans le contexte militaire ?
CSO signifie « Centre de Sélection et d’Orientation ». Il désigne aussi les GRS (Groupements de Recrutement et de Sélection) pour l’Armée de Terre, et les C2RA (Centre Régional de Recrutement Air) pour l’Armée de l’Air. Les candidats utilisent le terme CSO indistinctement pour l’ensemble de ces structures.
Comment se déroule un CSO ?
Le séjour dure 48 à 72 heures, organisées sur 5 à 6 demi-journées. Le premier jour, les candidats sont répartis en deux groupes qui alternent entre la visite médicale et les tests psychotechniques (TAMI-C, TAMI-P, Test de Chambéry). Le deuxième jour, ils enchaînent les trois épreuves sportives (Luc Léger, tractions ou tirage poulie, Test Killy), puis l’entretien individuel. Transport, hébergement en chambre collective et repas sont pris en charge.
Quel est le programme du CSO ?
Le programme couvre six épreuves : le TAMI-C (six modules : rotation, codage, attention, mathématiques, français, raisonnement), le TAMI-P (modèle OCEAN, 251 questions pour l’Armée de Terre), le Test de Chambéry (150 questions, 55 minutes), la visite médicale avec attribution du profil SIGYCOP, les trois épreuves sportives (Luc Léger, tractions ou tirage poulie haute, Test Killy depuis février 2025), et un entretien individuel.
Qu’est-ce que l’entretien CSO ?
L’entretien dure environ 30 minutes en tête-à-tête avec un évaluateur ou un psychologue. Il s’organise en trois temps : présentation personnelle de 3 à 5 minutes, exploration des motivations et de la cohérence du projet, questions générales sur les missions de l’armée. L’évaluateur dispose de tous les résultats des tests. Le compte rendu sert de base aux entretiens ultérieurs.
Qu’est-ce que le programme GRS dans l’armée ?
Le GRS (Groupement de Recrutement et de Sélection) est l’appellation officielle des cinq structures régionales de recrutement de l’Armée de Terre, situées à Rueil-Malmaison, Vandœuvre-lès-Nancy, Lyon, Bordeaux et Rennes. Chaque GRS comprend un état-major, un département d’évaluation et d’information, un département recrutement, et supervise environ une vingtaine de CIRFA. La chaîne complète représente 1 100 soldats dont 500 recruteurs.
Qui peut-on aller voir pour parler d’orientation avant le CSO ?
Le premier point de contact est le CIRFA le plus proche. Il en existe 110 sur le territoire, dont 7 en outre-mer. Un conseiller en recrutement fait un bilan du parcours, présente les spécialités, aide à constituer le dossier et accompagne le candidat jusqu’à la signature du contrat.
Est-ce que le CSO armée est payant ?
Non. L’armée prend en charge l’intégralité du séjour : billets de train aller-retour fournis avec la convocation, hébergement en chambre collective, et tous les repas pendant toute la durée. Seuls les autres modes de transport (voiture personnelle, avion) ne sont pas remboursés.
Peut-on repasser le CSO armée si l’on échoue ?
Oui, dans la plupart des cas. Pour les filières pilotes, les règles sont strictes : EOPN (Air) une seule tentative, ALAT (Terre, hélicoptère) deux tentatives espacées d’au moins deux ans, EOPAN (Marine) jusqu’à trois tentatives. En cas d’inaptitude définitive, un délai minimum de deux ans s’applique avant de pouvoir se représenter.
Les femmes passent-elles les mêmes tests au CSO ?
Oui, toutes les épreuves sont identiques, à l’exception d’une adaptation morphologique en sport : les femmes effectuent le tirage poulie haute (depuis l’été 2023) à la place des tractions, avec une charge ajustée à leur poids corporel (de 20 à 35 kg). Le Luc Léger et le Test Killy s’appliquent avec les mêmes barèmes pour les deux sexes. Tous les métiers militaires sont ouverts aux femmes.