Le test de dominos est l’un des exercices les plus emblématiques des épreuves de sélection. Présent dans de nombreux concours administratifs et recrutements (gendarmerie, police, armée, fonction publique), il consiste à découvrir la règle qui régit une série de dominos pour en compléter la suite. Aucune connaissance scolaire n’est requise : tout repose sur l’observation et le raisonnement séquentiel. Cet article décrypte le principe du test, ses versions officielles, ses logiques récurrentes et une méthode de résolution applicable le jour de l’épreuve.
Qu’est-ce que le test de dominos ?

Préparez le concours Psychotechnique
Un domino se compose de deux faces, chacune affichant une valeur comprise entre 0 et 6. Le test psychotechnique de dominos vous demande d’identifier la logique qui relie une série, afin de déterminer le domino manquant. Chaque suite logique obéit à une règle précise qu’il faut décrypter pour résoudre l’énigme. La forme la plus répandue présente les dominos alignés, mais d’autres dispositions existent.
Le cycle 0-6, fondement du système
La particularité de cet exercice tient à une règle de comptage spécifique : il faut savoir compter en intégrant la valeur zéro (représentée par une face blanche). Le cycle 0-6 constitue véritablement la clé de voûte du système : après le 6, on revient naturellement au 0. Cette circularité génère des enchaînements parfois déroutants. Une progression croissante de +2 partant de 5 donnera ainsi la séquence 5-0-2-4-6-1-3. Maîtriser ce cycle 0-6 permet, à lui seul, de débloquer une large part des questions, car oublier le retour à zéro reste l’erreur la plus fréquente.
Une mesure de l’intelligence fluide
Le test de dominos évalue votre capacité à résoudre des problèmes inédits, et non vos connaissances acquises. Cette mesure correspond à ce que le psychologue Charles Spearman appelait le facteur g, c’est-à-dire l’intelligence générale qui sous-tend l’ensemble des aptitudes cognitives. Les données disponibles font état d’une corrélation de l’ordre de 0,75 entre le score au test et ce facteur. Parce qu’il sollicite l’intelligence fluide plutôt que le bagage scolaire, le test de dominos figure parmi les outils psychotechniques privilégiés dans les processus de sélection : il révèle un potentiel d’apprentissage indépendant du parcours académique.
Les versions officielles : D48, D70 et D2000
Le test trouve son origine pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1944, Edgar Anstey conçoit le D48 pour évaluer rapidement l’intelligence de recrues aux niveaux scolaires hétérogènes. Le principe séduit par sa simplicité : mesurer le raisonnement sans recourir au langage. Le succès du D48 a ensuite conduit à des versions actualisées, le D70 puis le D2000, toutes éditées aujourd’hui par Pearson Clinical.
Trois versions de référence se sont succédé, sur des principes identiques mais avec des calibrages différents :
| Version | Items | Durée | Création | Format par item | Public cible | Particularités |
|---|---|---|---|---|---|---|
| D48 | 40 | 20 min | 1944 | 30 s/question | Large (dès 12 ans) | Référence historique, progression calibrée (10 faciles, 20 progressifs, 10 complexes) |
| D70 | 44 | 36 min | 1970 | ~49 s/question | Niveau bac+2 et plus | Fidélité test-retest de 0,89, seuil d’excellence à 35/44 |
| D2000 | 40 | 20 min | 2000 | 30 s/question | Large | Construction selon l’IRT, meilleure discrimination aux extrêmes |
Le D48 impose un rythme soutenu de 30 secondes par question. Sa structure progressive (dix items faciles, vingt intermédiaires, dix complexes combinant plusieurs règles) produit une distribution de scores idéale pour discriminer les candidats. Le D70, plus long, a été créé une fois les items du D48 trop largement connus ; sa fidélité test-retest de 0,89 reste exceptionnelle pour ce type d’épreuve, et un score de 35/44 y correspond au percentile 90. Enfin, le D2000 conserve le format du D48 mais améliore la prédictivité grâce à la théorie de réponse à l’item (IRT) : sa corrélation avec la performance professionnelle atteint 0,62, contre 0,54 pour le D48.
Les logiques courantes du test de dominos
Six familles de règles fondamentales couvrent environ 80 % des items, même si les versions officielles mobilisent en réalité plus de 20 logiques distinctes. Les identifier rapidement est la compétence décisive.
Progression simple. C’est le cas le plus accessible. Chaque moitié évolue régulièrement : progression croissante (+1, +2, etc.) ou progression décroissante. Attention au cycle 0-6 : dans une progression croissante de +1, après 6 vient 0, et non 7. Dans une progression décroissante, après 0 vient 6.
Progression croisée. La partie haute et la partie basse suivent deux rythmes différents, par exemple une progression croissante de +1 en haut et de +2 en bas. La lecture peut aussi se faire en diagonale, d’où le nom de progression croisée. Une variante, la progression en dents de scie, alterne hausse et baisse d’un domino à l’autre. Repérer une progression en dents de scie suppose de comparer chaque face à celle qui la précède plutôt que de chercher une tendance unique.
Symétrie axiale. Les valeurs se reflètent comme dans un miroir autour d’un axe central de la série. La symétrie axiale se vérifie en lisant la suite logique de part et d’autre de ce centre.
Symétrie centrale. Les dominos disposés en croix ou en cercle présentent souvent une symétrie centrale : chaque élément correspond à son opposé par rapport au point central de la figure.
Superposition visuelle. Cas particulier et probablement le plus délicat à détecter, ce procédé invite à imaginer les dominos comme transparents, en verre. En superposant deux dominos, on voit les points par transparence et la valeur recherchée apparaît. Il ne s’agit pas d’un calcul mais d’une lecture des points. Reconnaître cette technique demande de l’entraînement, car aucune progression croissante ou décroissante n’est visible au premier regard ; c’est justement l’absence de suite arithmétique évidente qui doit faire penser à la superposition visuelle. Beaucoup de candidats passent à côté de cette piste, alors qu’une fois le procédé identifié, la réponse devient immédiate.
Opérations arithmétiques et similarité. La valeur d’un domino peut résulter d’une opération entre plusieurs autres : somme, différence, produit ou, plus rarement, division. Ces opérations arithmétiques se reproduisent à l’identique sur toute la série. La similarité, enfin, repose sur un motif qui se répète : une alternance entre deux dominos, ou les mêmes dominos dans un ordre différent. Elle exige un sens aigu de l’observation.
Méthode de résolution pas à pas
Face à un domino manquant, une démarche structurée évite de se disperser sous la pression du chronomètre.
- Observer la disposition. Les dominos peuvent être présentés en ligne, en double ligne, en rectangle, en colonne, en spirale, en croix ou en cercle. Chaque disposition oriente vers une logique probable : la croix appelle souvent une symétrie centrale, la ligne une progression ou une similarité.
- Analyser les faces séparément. Traitez la moitié supérieure et la moitié inférieure de manière indépendante. Une face peut suivre une progression croissante tandis que l’autre reste stable ou décroît : c’est la signature d’une progression croisée.
- Identifier la suite logique. Cherchez le pas qui relie un domino au suivant, toujours en raisonnant en cycle 0-6. Si aucune progression croissante ou décroissante ne se dégage, envisagez une symétrie, une opération arithmétique, une similarité ou une superposition visuelle.
- Vérifier puis appliquer. Confirmez que la règle s’applique à l’ensemble de la série avant de conclure, et seulement ensuite déduisez le domino manquant. Une logique qui ne fonctionne que partiellement est presque toujours incomplète.
Conseil pratique : notez les valeurs des dominos sur votre brouillon ou redessinez-les. Ce geste simple, recommandé par les préparateurs, limite les fautes d’inattention et fluidifie le raisonnement séquentiel le jour de l’épreuve.
Erreurs fréquentes à éviter
Trois pièges reviennent systématiquement. Le premier est d’oublier le 0 dans la suite cyclique : dans une progression croissante de +1, 6 conduit à 0, pas à 7. Le deuxième consiste à additionner les dominos pour trouver le manquant : sur une série alignée sur une seule ligne, il faut chercher une suite ou une symétrie, pas une somme globale. Le troisième est de se contenter d’une logique incomplète : un motif peut sembler valable (par exemple une somme constante) tout en masquant la vraie règle, qui n’apparaît qu’en lisant aussi la suite logique en colonne. Vérifier toutes les dimensions de la figure est donc indispensable avant de valider une réponse.
S’entraîner efficacement au test de dominos
La régularité est le facteur décisif de progression. S’exposer à des séries variées permet de reconnaître plus vite chaque logique et de transformer le décodage en réflexe. Trois leviers structurent un entraînement utile :
- Diversifier les exercices pour rencontrer l’ensemble des règles, des progressions simples jusqu’à la superposition visuelle.
- Chronométrer ses essais afin d’intérioriser le rythme de 30 secondes par question imposé par le D48.
- Analyser ses erreurs pour identifier les logiques mal maîtrisées et y revenir spécifiquement.
L’effort paye rapidement. La seule maîtrise du cycle 0-6 fait généralement gagner 5 à 8 points dès les premières séances, et un entraînement structuré sur trois à quatre semaines peut faire progresser un candidat de 15 à 20 percentiles. Or les seuils comptent : à titre indicatif, un score de 28/40 au D48 situe un candidat autour du percentile 70 dans la population générale (75 pour un bachelier), niveau souvent attendu pour la gendarmerie, alors que ce même score correspond seulement au percentile 50 pour un diplômé du supérieur. Le tableau ci-dessous résume ces repères.
| Version | Score brut | Profil | Percentile | Interprétation |
|---|---|---|---|---|
| D48 | 28/40 | Bachelier | 75 | Score visé pour la gendarmerie |
| D48 | 28/40 | Diplômé du supérieur | 50 | Score faible pour un niveau bac+3 |
| D70 | 35/44 | Population générale | 90 | Seuil d’excellence |
| D2000 | 35+/40 | Tous niveaux | 70+ | Bon score, forte discrimination |
L’objectif n’est pas de mémoriser des questions, mais d’automatiser la reconnaissance des logiques pour gagner en vitesse et en précision.
Questions fréquentes
C’est quoi la règle du domino ? La règle de base est le cycle 0-6 : chaque face porte une valeur de 0 à 6 et, dès qu’un calcul dépasse 6, on repart de 0 (sous 0, on repart de 6). C’est ce fonctionnement circulaire, et non une arithmétique classique, qui commande l’enchaînement des valeurs au sein d’une série.
Comment calculer un domino manquant ? Identifiez d’abord la logique qui relie les dominos (progression, opération, symétrie ou similarité), puis appliquez-la séparément à la face supérieure et à la face inférieure en respectant le cycle 0-6. Confirmez que la règle vaut pour toute la série avant de déduire les valeurs manquantes ; noter les chiffres sur un brouillon limite les erreurs d’inattention.
Qu’est-ce que la superposition dans les dominos ? C’est une logique où l’on imagine les dominos transparents, comme en verre : en les superposant mentalement, les points visibles par transparence donnent la valeur cherchée. Elle relève de l’observation et non du calcul, ce qui la rend facile à manquer tant que l’on cherche une progression chiffrée.
Quels sont les tests de logique dans les concours ? Le test de dominos est l’un des tests psychotechniques de raisonnement non verbal employés dans les concours et recrutements (gendarmerie, police, armée, fonction publique), aux côtés d’autres familles d’épreuves de raisonnement logique, numérique ou spatial. Chacune fait l’objet d’exercices distincts selon l’aptitude évaluée.
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